❄️ Que faire au jardin en février ?

Accueil > Conseils > Guides > Quelle saison privilégier pour monter sa serre de jardin ?

Quelle saison privilégier pour monter sa serre de jardin ?

Quelle est la meilleure période pour installer sa serre de jardin ?

par Antoine de France Serres

Le

- Mis à jour le

Vous êtes sur le point d’installer une serre de jardin ? Savoir à quelle saison la monter est la clé pour optimiser ses performances et favoriser sa longévité. De l’état du sol aux contraintes thermiques du polyéthylène de la bâche, de nombreux facteurs impactent directement la réussite de l’installation. Découvrez la période idéale pour mettre en place votre serre (tunnel, verre ou polycarbonate) et apprenez à éviter les erreurs courantes.

Ce qu’il faut retenir :

Pour les serres tunnel, privilégiez le printemps et les températures douces pour poser la bâche. Installer la couverture plastique par forte chaleur ou par temps froid est toujours à éviter. Vous pouvez cependant agir en deux étapes : monter la structure métallique dans un premier temps à l’automne, tant que le sol est meuble, puis attendre ensuite les beaux jours pour bâcher.
Concernant les serres rigides (verre ou polycarbonate), l’astuce est d’anticiper les travaux de maçonnerie en réalisant les fondations ou la dalle de béton dès l’automne ou en hiver par temps sec. Vous gagnerez du temps et n’aurez plus qu’à poser les panneaux ou le vitrage, pour ensuite aménager la serre au printemps et lancer vos cultures sans délai.

1) Les conditions idéales pour installer une serre

Pour réussir l’installation de votre serre de jardin, trois conditions sont essentielles : des températures clémentes, une météo stable et un sol meuble facile à travailler.

Attendre que les températures soient optimales

Si la structure métallique de votre serre tunnel n’est pas affectée par les variations thermiques, la bâche en polyéthylène, elle, y est particulièrement sensible. Ses propriétés mécaniques : souplesse, élasticité et dilatation, dépendent directement de la température ambiante et du rayonnement solaire. Une installation réussie nécessite donc de respecter certaines conditions thermiques pour réussir à tendre correctement la bâche, et ainsi garantir sa longévité et ses performances.

Les risques liés à une chaleur excessive

La plage de température idéale pour poser une bâche de serre se situe entre 12 et 25°C. Au-delà de 25°C, et particulièrement à partir de 35°C, le polyéthylène se dilate fortement. La bâche devient alors très souple et facile à étirer, ce qui peut sembler pratique. Mais attention : cette facilité est trompeuse ! Une fois les températures redescendues, le film se contractera et pourrait se déchirer aux points de tension, notamment aux angles de la structure et aux jonctions des arceaux. Une installation par forte chaleur compromet donc la durabilité de votre serre.

Les contraintes du froid sur le polyéthylène

En dessous de 10°C, le polyéthylène se rigidifie et se rétracte considérablement. Tendre la bâche devient alors une opération difficile qui nécessite une force excessive et risquée. Au lieu d’obtenir une tension uniforme sur toute la surface, vous créez des points de tension locaux intenses qui pourraient fragiliser le film. L’installation de la bâche par temps froid est donc déconseillée, tandis que la structure métallique peut être montée sans problème.

L’impact du rayonnement solaire

Le rayonnement solaire direct peut faire augmenter la température de surface de la bâche de plusieurs degrés, même si l’air ambiant reste à 22°C. Ce phénomène provoque une dilatation invisible qui ne correspond pas à la température réelle mesurée par votre thermomètre.

Privilégiez donc les heures les moins chaudes de la journée : fin de matinée (après dissipation de la rosée mais avant le pic de chaleur) ou début de soirée, lorsque les températures se stabilisent dans la plage idéale. Installer la bâche tôt le matin, avant 10h, reste souvent le meilleur compromis pour éviter à la fois les vents forts de midi et la surchauffe du film plastique.

L’allongement d’une bâche sous l’effet de la chaleur

Le polyéthylène est un matériau particulièrement sensible aux variations thermiques. Pour vous donner une idée concrète de ce phénomène : une bâche de serre de 10 mètres de long et 200 microns d’épaisseur s’allongera (ou se contractera) d’environ 6 centimètres pour une simple variation de 30°C. Cette déformation peut sembler minime, mais elle représente une tension considérable aux points d’attache de votre serre. Entre une installation à 15°C et une journée d’été à 40°C, ou inversement lors d’une nuit froide, ces 6 centimètres de différence expliquent pourquoi une bâche posée par forte chaleur risque de se déchirer dès le premier refroidissement. Ce phénomène physique justifie à lui seul l’importance de respecter la plage de température idéale lors de l’installation.

Bâche de serre tunnel détendue et plissée après installation par forte chaleur
Bâche de serre tunnel détendue et plissée après installation par forte chaleur. (Photo d’illustration – produit non France Serres)

Les conditions météorologiques idéales pour installer une serre

Au-delà de la température, les conditions météorologiques jouent un rôle déterminant dans la réussite de votre installation. Le vent, la neige et les précipitations peuvent compromettre la pose de votre bâche et fragiliser durablement votre structure.

Un vent faible, voire inexistant

Le vent ne doit pas dépasser 8 km/h lors de la pose de la bâche, idéalement il doit être nul. Même une brise légère complique considérablement la manipulation du film plastique et rend impossible l’obtention d’une tension uniforme. Le vent risque d’engendrer des plis permanents, des zones de tension inégale, et d’augmenter drastiquement le risque de déchirure immédiate lors de la manipulation. Consultez la météo et privilégiez toujours une journée calme, lorsque les brises sont minimales pour éviter d’avoir à réparer votre serre sitôt montée.

L’effet combiné du froid et des charges externes

La défaillance d’une bâche de serre résulte rarement d’un seul facteur, mais de l’effet combiné de la température et des charges externes comme le vent ou la neige. Lorsque le film est déjà sous tension maximale à cause du froid et que sa ductilité est réduite, toute contrainte supplémentaire peut provoquer une rupture brutale. Évitez absolument d’installer votre serre en période de gel, de neige ou de vents forts. La rupture survient généralement de manière fragile aux points de contrainte maximale : éléments d’ancrage, clips et jonctions d’arceaux. Une installation par temps sec, doux et calme reste votre meilleure garantie de durabilité.

L’état du sol : un critère essentiel pour l’installation

La qualité du sol conditionne directement la facilité d’installation et la stabilité de votre serre tunnel. Privilégiez un sol meuble, ni trop dur ni détrempé, pour faciliter la mise en place de votre structure.

Un sol meuble facilite considérablement le travail de préparation du terrain : nivellement, traçage des emplacements et enfoncement des piquets d’ancrage. À l’inverse, un sol gelé, trop sec ou durci par la sécheresse complique le travail et peut endommager votre matériel. Un sol détrempé pose également problème : il devient instable, difficile à travailler et ne permet pas un ancrage solide de la structure.

Gardez en tête qu’enterrer la bâche de chaque côté de la serre constitue aussi une étape cruciale. Car c’est cette tranchée de terre qui maintient la tension du film plastique et favorise sa longévité dans le temps. Un sol meuble permet de creuser facilement une tranchée régulière de 20 à 30 cm de profondeur, d’y enfouir proprement le rebord de la bâche et de la recouvrir sans créer de points de tension localisés. Un sol trop dur ou gelé rend cette opération laborieuse, voire impossible.

Le printemps et l’automne sont donc les saisons idéales pour installer une serre tunnel, le sol ayant bénéficié de l’humidité hivernale ou des pluies de fin d’été tout en restant suffisamment portant. Cependant, compte tenu des contraintes thermiques et des conditions de vent évoquées précédemment, le printemps reste la saison optimale pour installer votre serre tunnel.

2) La meilleure période pour une installation réussie

En tenant compte de l’ensemble des contraintes thermiques, météorologiques et de l’état du sol, une stratégie d’installation en deux temps peut s’avérer particulièrement judicieuse pour optimiser les conditions de pose et gagner du temps sur vos cultures.

L’automne pour installer la structure et les fondations

La période de septembre à novembre est idéale pour monter la structure métallique de votre serre tunnel, pour réaliser les fondations d’une serre en polycarbonate ou pour monter une serre en verre. Le sol reste meuble après les pluies de fin d’été, et facilite l’ancrage des piquets et le creusement des tranchées. Les températures clémentes permettent aussi de travailler confortablement, et vous n’êtes pas soumis aux contraintes de pose de la bâche. Cette anticipation vous permet également de préparer sereinement les fondations en béton qui auront tout l’hiver pour sécher complètement, sans perdre de précieuses semaines au printemps. Évitez toutefois les mois de décembre à février où le gel rend le sol impraticable.

Le printemps pour poser la bâche

Février à avril représentent (selon les régions) la période optimale pour poser la bâche de votre serre tunnel. Les températures se situent naturellement dans la plage idéale de 12 à 25°C, le polyéthylène conserve sa souplesse sans dilatation excessive, et les risques de vents violents sont limités. Le sol reste meuble, ce qui permet d’enterrer facilement des bordures de bâche. En installant votre bâche au printemps, vous n’avez pas besoin non plus de la nettoyer après l’hiver, et pouvez ainsi démarrer vos semis immédiatement.

3) Quelques conseils de montage utiles en toute saison

Au-delà du choix de la saison, quelques précautions pratiques garantissent une installation réussie et durable de votre serre.

L’intérêt du fil deltane pour renforcer votre structure

Avant de poser la bâche, n’oubliez pas de poser du fil deltane (ou fil de tension) sur vos arceaux. Ce câble tendu longitudinalement sur le faîtage et les flancs de la serre, remplit plusieurs fonctions essentielles pour la longévité de votre installation. Il répartit uniformément les contraintes exercées sur la bâche en cas de vent violent ou de charge de neige. Le fil deltane limite aussi le flottement et les vibrations de la bâche provoqués par le vent. Une bâche qui bat constamment s’use prématurément par abrasion contre les arceaux, même avec du ruban anti-chaleur. Enfin il empêche aussi l’accumulation d’eau de pluie dans les creux de la bâche, un phénomène de poche d’eau qui peut représenter plusieurs dizaines de kilos de charge et provoquer l’affaissement ou la rupture du film.

L’importance de retendre régulièrement la bâche

La tension appropriée de la bâche de serre ne relève pas d’une simple question esthétique, mais assure trois fonctions essentielles pour la performance et la durabilité de votre installation.

  • L’efficacité thermique et énergétique : Une bâche correctement ajustée, sans plis ni poches, limite les mouvements d’air entre le film et la structure métallique. Ce bon ajustement maximisera la conservation de la chaleur à l’intérieur de la serre, et maintiendra une température stable pour vos cultures.
  • L’intégrité structurelle et la résistance au vent : Une bâche bien tendue confère à votre serre tunnel une meilleure résistance au vent. La forme arrondie permet au vent de glisser sur la surface bombée, et minimise ainsi la prise au vent. À l’inverse, une bâche qui flotte ou présente des plis offre une prise à l’air qui augmente drastiquement les forces d’arrachement et le risque de soulèvement lors de coups de vent violents. Les systèmes de fixation, qu’ils soient enterrés, à clips ou qu’il s’agisse de fixation à ourlets, ne fonctionnent efficacement que si la tension initiale est correctement appliquée.
  • La protection phytosanitaire et la durabilité du film : L’absence de plis ou de flottement prévient l’usure prématurée de la bâche par abrasion contre les arceaux. Une tension uniforme limite également les voies d’entrée pour les insectes nuisibles et assure un environnement de culture plus sain. Une bâche ne doit jamais être « battante » : elle ne doit ni flotter au vent ni présenter de plis pour garantir la longévité de votre installation.

Le phénomène de fluage du polyéthylène

Le polyéthylène, comme tous les polymères, présente un comportement dit de « fluage » : il se déforme progressivement et irréversiblement sous l’effet d’une contrainte constante, même si celle-ci reste dans les limites normales d’utilisation. Concrètement, la tension initialement appliquée lors de l’installation se relâche naturellement avec le temps, sous l’effet combiné de la contrainte mécanique et des variations de température.
Ce relâchement progressif explique pourquoi votre bâche peut commencer à battre ou former des poches d’eau après quelques mois, même si elle était parfaitement tendue initialement.

Illustration du phénomène de fluage du polyéthylène : la bâche se relâche progressivement sous l'effet de la contrainte constante et des variations thermiques
Illustration du phénomène de fluage du polyéthylène : la bâche se relâche progressivement sous l’effet de la contrainte constante et des variations thermiques (Photo d’illustration – produit non France Serres)

Retendre la bâche est donc indispensable après les premières semaines d’installation, puis idéalement après chaque saison. Cette opération, qui ne prend que quelques minutes et consiste principalement à réajuster les clips sur les pignons et les points de fixation, permet de compenser le fluage, de restaurer une tension maximale et uniforme, et d’assurer la durabilité optimale de votre bâche pour les années à venir.

L’importance du ruban de mousse anti-chaleur sur les arceaux

Au-delà des conditions d’installation, veillez à systématiquement protéger la bâche contre les « points chauds » lors de son installation. Les tubes en acier galvanisé de vos arceaux, exposés au rayonnement solaire direct à travers le film plastique, peuvent facilement atteindre 60°C, voire davantage en plein été. Le véritable danger ne réside pas dans la fusion du film (qui ne survient qu’à 110°C) mais dans le fluage accéléré et l’amincissement du plastique dès que la température dépasse 45°C au point de contact.

À cette température critique, et sous l’effet de la tension constante de la bâche, le film en polyéthylène commence à s’étirer progressivement autour du point chaud métallique. Cet étirement crée un amincissement localisé et permanent du plastique, même après refroidissement. Cette zone affaiblie risque ensuite d’être le point de départ de déchirures prématurées, souvent confondues à tort avec des dommages causés par le vent ou l’usure naturelle. La durée de vie de votre bâche peut ainsi être réduite de plusieurs années, jusqu’à nécessiter un remplacement de la bâche anticipé.

La solution est simple : posez toujours du ruban de mousse anti-chaleur sur les arceaux avant d’installer la bâche. Cet isolant thermique, appliqué sur le « dos » de l’arceau en contact avec le film, brise le pont thermique et maintient la température superficielle du plastique bien en dessous de 45°C, même lorsque le tube métallique atteint 60°C. L’application doit être méticuleuse pour épouser parfaitement le profil du tube. Cette protection très peu chère permettra d’augmenter grandement la longévité de votre bâche et son remplacement prématuré.

⚠️Attention au piège du caoutchouc sur les arceaux !

Contrairement à une idée reçue, le caoutchouc est totalement déconseillé sous une bâche de serre. Loin d’isoler, ce matériau agit comme un véritable accumulateur de chaleur et fragilise le plastique par contact direct. Pire encore, le caoutchouc peut libérer des composés chimiques qui dégradent les traitements anti-UV de la bâche et accélèrent sa décomposition prématurée. Utilisez exclusivement des bandes de mousse adhésive anti-chaleur ou badigeonnez votre serre de peinture blanche, spécialement conçue pour vous prémunir des fortes chaleurs.

Privilégier les arceaux en acier galvanisé de qualité

Comparaison entre un tube en acier galvanisé neuf (à gauche) et un tube vieilli naturellement (à droite)
Comparaison entre un tube en acier galvanisé neuf (à gauche) et un tube vieilli naturellement (à droite). (Photo d’illustration – produit non France Serres)

Évitez les modèles de serre premier prix équipés d’arceaux en acier inoxydable. L’acier galvanisé, constitué d’acier au carbone revêtu de zinc, présente une conductivité thermique supérieure qui permet une meilleure dissipation de la chaleur. Cette propriété représente un avantage net par rapport à l’inox, qui concentre la chaleur en surface et aggrave le risque de points chauds au contact de la bâche.

Si vous venez de recevoir une serre tunnel neuve, vos tubes en acier galvanisé présentent probablement un aspect brillant. Installez la structure dès l’automne pour la laisser « vieillir » tout l’hiver, exposée aux intempéries. Au printemps, l’acier galvanisé aura naturellement matifié par formation d’une patine grise de carbonate de zinc, ce qui diminuera de quelques degrés la température maximale des tubes exposés en plein soleil. Combinée à la pose de ruban anti-chaleur, cette stratégie optimise la protection thermique de votre film plastique dès la première saison.

Conclusion

Réussir l’installation de votre serre de jardin repose avant tout sur le choix du bon moment. Le printemps s’impose comme la saison idéale pour poser la bâche de votre serre tunnel, avec des températures douces situées entre 12 et 25°C, un sol meuble et des conditions météorologiques stables. L’automne reste une excellente période pour monter la structure et préparer les fondations.
En respectant ces recommandations : éviter l’hiver et le plein été, installer par temps calme, protéger vos arceaux avec du ruban anti-chaleur et retendre régulièrement votre bâche, vous garantirez la longévité de votre installation et de bonnes conditions de culture.
Prenez le temps de planifier votre installation en fonction du calendrier et de la météo : quelques semaines d’attente pourraient vous faire économiser des années de tracas.

Vous avez aimé cet article ?

Soutenez le travail de nos rédacteurs :

Soutenez le travail de nos rédacteurs en le partageant :

Vos commentaires

Laisser un commentaire


inscription newsletter

Soyez les premiers informés

Recevez notre lettre d'information* une fois par mois sans engagement.

*Désinscription possible à tout moment

inscription newsletter

Soyez les premiers informés

Recevez notre lettre d'information* une fois par mois sans engagement.

*Désinscription possible à tout moment