Ce qu’il faut retenir :
Les contrats d’assurance habitation de base couvrent rarement les structures extérieures. Ainsi, pour offrir une protection supplémentaire à votre serre, la souscription d’une « garantie jardin » est souvent indispensable.
Bien que peu onéreuse, cette option impose une étude minutieuse des différentes conditions générales des assureurs. Les modèles de serres ne sont par exemple pas tous couverts (les serres tunnel étant souvent exclues en raison de leur fragilité). De même, les plafonds d’indemnisation, les franchises et les exclusions varient fréquemment d’un contrat à l’autre.
Quel soit votre contrat, en cas de dégât sur votre serre soyez réactif : vous devrez rapidement déclarer le sinistre à votre assurance en joignant tous les justificatifs nécessaires, tels que des photos et vos factures d’achat.
Votre serre est-elle couverte par votre assurance habitation ?
La plupart des contrats d’assurance habitation excluent les serres de jardin de leurs garanties. Ces structures, considérées comme des dépendances ou des équipements extérieurs, ne bénéficient donc d’aucune protection automatique en cas de dégâts causés par les intempéries ou en cas de dommages accidentels. Si votre compagnie d’assurance propose plusieurs formules, seule la couverture la plus complète – et donc la plus onéreuse – inclura potentiellement la protection de votre serre. Il est donc essentiel de vérifier attentivement les conditions générales de votre contrat, et d’envisager la souscription d’une « Garantie Jardin » si vous souhaitez protéger votre équipement extérieur contre les aléas.
Notez que la diversité des modèles, des tailles et des matériaux rend complexe l’estimation standardisée de leur valeur et des risques associés. Pour cette raison, de nombreux assureurs excluent tout simplement les serres de cette « Garantie Jardin », comme la Macif, Groupama…
Nous n’avons recensé qu’un seul assureur incluant d’office les serres de jardin dans son contrat d’habitation de base : la MACSF (Mutuelle d’Assurance des Professionnels de Santé). À moins d’être un professionnel de santé vous ne pourrez donc pas en bénéficier. Et cette couverture automatique est limitée aux serres rigides de moins de 5 m². Or, sur le marché actuel, il est assez rare de trouver des structures rigides (en verre ou polycarbonate) de dimensions aussi réduites.
Cette garantie spécifique optionnelle porte différents noms selon les assureurs :
- Garantie « Côté jardin » (Groupama)
- Option « Aménagement et mobilier extérieurs » (MAAF)
- Option « Aménagements extérieurs et mobilier de jardin » (Macif)
- Option « Jardin + » (Maif)
- Option « Aménagements immobiliers extérieurs » (Matmut)
- « Renfort installations extérieures » (MMA)
- « Pack Jardin » (Crédit Agricole)
- « Option Jardin » (Direct Assurance)
Bon à savoir : Comparez !
Comparer les offres est payant : il est souvent plus avantageux de changer totalement d’assurance habitation pour un contrat incluant une garantie jardin sur-mesure, plutôt que de simplement greffer une extension à votre contrat actuel. Le gain sur le rapport garanties/prix peut être significatif.
Le coût des options pour assurer une serre de jardin varie selon les assureurs : certains proposent un tarif forfaitaire mensuel, tandis que d’autres intègrent ce coût dans une cotisation globale personnalisée en fonction du capital à garantir.
Quelques tarifs de la « Garantie Jardin » et les modalités identifiés pour divers assureurs (mutuelles, bancassureurs et compagnies d’assurance) :
| Assureur | Tarif mensuel | Types de serres garanties | Exclusions de garantie |
|---|---|---|---|
| Crédit Agricole | 4,50 € / 6,50 €* | Non précisé | Dommages causés par le gel, dommages causés par un mauvais entretien ou une absence d’entretien… |
| MAAF | 3,47 € | Serres avec armatures ancrées au sol par des fondations, soubassement ou dés de maçonnerie et couverture rigide | Dommages causés aux bâches et plastiques souples des serres |
| Macif | 3,07 € | Aucun modèle de serre n’est couvert | Tout type de serres |
| Maif | 4,45 € / Option comprise dans la formule de base Premium* | Les serres (sans plus de précisions) | Dommages matériels dû au retrait-gonflement des argiles |
| Groupama | 1,49 € | Aucun modèle de serre n’est couvert | Tout type de serres |
| Direct Assurance | 2,95 € | Serre à usage privé scellée dans le sol | Serres en plastique souple, dommage causé par tout tentative de réparation, gel sur les plantes |
Que couvrent réellement les différentes garanties jardin ?
Toutes les serres ne sont pas éligibles à l’assurance
Première chose à savoir : dans la plupart des contrats d’assurances, pour être couverte, votre serre doit être impérativement ancrée, scellée ou fixée au sol. Cette exigence est cruciale : elle permet à l’assureur de distinguer une installation pérenne d’une structure légère qui pourrait s’envoler et causer des dégâts lors d’une tempête. Une serre non solidement fixée est presque toujours exclue des garanties, car elle est jugée trop instable face aux vents. Si vous possédez une serre tunnel, peu d’assureurs acceptent de couvrir ce type de modèle.
Bon à savoir : Les plantes de votre serre ne sont pas assurables
Sachez que les végétaux contenus dans votre serre ne bénéficient d’aucune couverture assurantielle. En cas de gel intense détruisant vos cultures ou vos plantes ornementales, votre assurance habitation ne procédera à aucun remboursement. Cette précision est importante, car si vous possédez une riche collection d’orchidées rares ou de plantes tropicales accumulées au fil des années, leur perte peut représenter un préjudice financier important qui sera entièrement à votre charge.
Attention au plafond de garantie
Attention : assurer sa serre ne signifie pas être intégralement remboursé en cas de dégâts. Le plafond de la « garantie jardin » varie drastiquement d’un contrat à l’autre. Si certains assureurs limitent l’indemnisation à un montant forfaitaire (par exemple 5 000 € ou 10 000 €), d’autres calculent ce plafond en fonction de la valeur de votre serre. Pour une serre haut de gamme en verre trempé, un plafond trop bas pourrait laisser une part importante des réparations à votre charge.
Des franchises variables
Au-delà du prix de la cotisation mensuelle, la franchise est l’élément qui déterminera le montant réel de votre indemnisation. Il s’agit de la somme qui reste à votre charge après un sinistre, et celle-ci varie de façon spectaculaire d’un assureur à l’autre.
Selon votre contrat, la franchise pour une serre de jardin peut prendre plusieurs formes :
- Un montant fixe : Par exemple, une somme forfaitaire de 150 € ou 300 € déduite de votre remboursement.
- Un pourcentage du sinistre : Certains assureurs appliquent une franchise proportionnelle aux dégâts, avec systématiquement un plafond maximum.
- La franchise légale « Cat Nat » : En cas de catastrophe naturelle officielle, une franchise légale s’applique automatiquement, identique chez tous les assureurs. Son montant est fixé à 380 euros pour les dommages affectant votre habitation et vos biens à usage non professionnel. Cette somme passe à 1 520 euros si les dégâts résultent d’un mouvement de terrain causé par la sécheresse ou la réhydratation des sols.
Bon à savoir : pensez à la garantie protection juridique
Les professionnels de l’assurance conseillent vivement d’ajouter une garantie protection juridique spécialisée en droit immobilier à votre contrat. Bien que fréquemment ignorée par les assurés, cette couverture se révèle précieuse lorsqu’un conflit éclate avec un voisinage. Par exemple si l’arbre du voisin tombe sur votre serre de jardin.
Garantie bris de glace
Vous avez une serre en verre et vous craignez le bris de glace ? Cette inquiétude est justifiée, car les accidents surviennent rapidement : un simple caillou projeté par la tondeuse peut suffire à fissurer ou briser un panneau de verre. Il est donc légitime de vouloir protéger votre équipement contre ce type de dommages.
Attention, la garantie bris de glace ne figure pas dans toutes les « Options Jardin » des assureurs. Même souscrite, cette garantie comporte systématiquement des exclusions qu’il convient d’examiner attentivement pour identifier précisément ce qui est pris en charge ou non. N’hésitez pas à interroger votre assureur sur la possibilité d’étendre cette protection moyennant une surprime si les garanties standard ne correspondent pas à vos besoins.
Bon à savoir : vous louez votre résidence en location saisonnière ?
Vous proposez votre logement en location saisonnière ? Ce nouvel usage de votre propriété entraîne des risques spécifiques, comme les dégradations accidentelles ou les actes de vandalisme causés par vos locataires sur votre serre de jardin. Pour vous protéger, il existe des options dédiées aux « nouveaux usages ». Selon les compagnies, ces garanties peuvent être incluses gratuitement ou faire l’objet d’une légère surprime.
La marche à suivre en cas de dommage sur votre serre
Dès la constatation de dommages sur votre serre, vous devez agir rapidement pour faire valoir vos droits auprès de votre assureur. Commencez par photographier l’ensemble des dégâts sous plusieurs angles, en prenant soin de capturer des vues d’ensemble et des détails précis (vitres brisées, structure déformée, éléments arrachés). Ces preuves visuelles seront essentielles pour étayer votre déclaration de sinistre.
Avant le sinistre
- Conformité et emplacement : Assurez-vous que votre serre respecte les normes de construction en vigueur et que les déclarations préalables de travaux ont été déposées le cas échéant. Soyez vigilant quant à la nature de votre terrain : une serre installée sur un sol argileux, sujet aux mouvements de terrain (retrait-gonflement), est généralement exclue des garanties.
- Vigilance préventive : Ne négligez pas les abords de votre serre. Un élagage régulier des arbres proches et la mise à l’abri des objets mobiles en cas d’alerte météo sont essentiels. En cas de sinistre, l’assureur pourrait invoquer une négligence (comme une porte restée ouverte ou mal fixée où le vent s’est engouffré) pour refuser de vous indemniser.
- Entretien régulier : Certains assureurs appliquent des franchises ou déduisent une part de vétusté sur vos installations extérieures. Pour maximiser votre indemnisation en cas de sinistre, entretenez régulièrement votre serre. Une structure soignée justifie une meilleure valeur aux yeux de l’expert.
Déclarer les dommages sans attendre
Après un sinistre, déclarez celui-ci dans les délais impartis. Vous disposez d’un délai de cinq jours ouvrés pour déclarer les dommages auprès de votre compagnie d’assurance. Si votre serre a été endommagée lors d’un événement classé en catastrophe naturelle, depuis la loi du 28 décembre 2021, vous avez 30 jours maximum pour déclarer les dommages à votre assureur. Mais attention : ce délai ne court pas à partir de la date du sinistre lui-même, mais à compter de la publication de l’arrêté interministériel au Journal Officiel reconnaissant officiellement l’état de catastrophe naturelle.
Ne jetez rien et n’essayez pas de remettre votre serre en état
Conservez tous les éléments de la serre endommagées sans rien jeter, car l’assureur pourrait refuser l’indemnisation d’un objet qui aurait disparu. De même, abstenez-vous de réparer ou de remettre votre serre en état avant le passage de l’expert (lire ci-dessous), qui pourrait vouloir constater personnellement l’étendue des dégâts pour valider votre demande d’indemnisation.
Ne vous attendez pas à avoir la visite d’un expert
Pour réduire les coûts, les assureurs privilégient désormais une gestion à distance par téléphone, en cherchant un accord immédiat ou l’envoi direct d’un réparateur partenaire. Le passage d’un expert physique devient l’exception : il n’intervient qu’en cas de dommages importants ou de désaccord sur le montant de l’indemnisation. À titre d’exemple, en 2023, seulement 40 % des sinistres (pour tous types d’habitations) ont nécessité une expertise, pour un montant moyen de 5 000 €. Autant dire que les dommages subis par votre serre ne sont pas la priorité des experts d’assurance…
Bon à savoir : Tempête, grêle et neige, que faire ?
Pour les dommages causés par une tempête, un ouragan ou des chutes de grêle et de neige, aucun arrêté ministériel n’est requis pour activer votre garantie. Vous devez cependant prouver le caractère exceptionnel des conditions météorologiques au moment du sinistre. Votre assureur exigera généralement un certificat délivré par Météo France attestant des conditions climatiques relevées à la station la plus proche de votre domicile, confirmant par exemple que les rafales de vent ont dépassé 100 km/h lors de l’événement. Vérifier que la garantie en option couvre aussi ces évènements climatiques.
Questions fréquentes
Si l’arbre de votre jardin s’effondre suite à des intempéries ou une catastrophe naturelle, votre assurance habitation interviendra selon les garanties souscrites. Lorsqu’il s’agit d’un arbre appartenant à votre voisin, c’est son assurance qui prendra en charge l’indemnisation.
En revanche, si la chute résulte d’un défaut d’entretien (arbre mort, branches fragilisées non élaguées), la responsabilité du propriétaire de l’arbre est engagée. Ces situations d’entretien insuffisant figurent généralement parmi les exclusions de garantie, obligeant le propriétaire négligent à assumer personnellement les réparations. Pour une chute accidentelle causant des dommages à un tiers, c’est la garantie Responsabilité Civile qui s’active.
Cette extension de garantie est conçue pour protéger les éléments situés à l’extérieur de votre maison. Elle couvre généralement :
Le mobilier de jardin : tables, chaises, transats, parasols et salons d’été.
Les aménagements et équipements immobiliers : votre serre, les abris de jardin, les clôtures, les éclairages fixes et les spas extérieurs.
Le matériel de jardinage : outils manuels, tondeuses autoportées, systèmes d’arrosage et motoculteurs…






